Événements, Non classé

5 ans plus tard : Retour sur mon premier Marché de Noël

Chaque fois que j’y retourne c’est un genre de retour aux sources. Toutes les choses qu’on fait dans notre vie, y’a un moment où on l’a fait pour la première fois. Certaines choses sont anodines; je n’ai aucun souvenir du premier sandwich que j’ai mangé ni de mon premier tour de voitures. Y’en a qui nous reviennent en tête chaque fois qu’on refait la chose en question; comme se rappeler que le premier film qu’on a vu au cinéma c’était Shrek 2, à chaque fois qu’on y va. Mais y’a les entre-deux aussi, les choses qu’on fait qu’on pense anodines, mais qui deviennent une partie de nous, un pas en avant, un point tournant.

J’avais 17 ans. J’étais une fraîche Cégepienne qui venait juste d’emménager dans une nouvelle ville, dans une nouvelle vie. Je me souviens que j’avais peur de tout. Faire mon épicerie. Faire un mandat-poste. Prendre l’autobus. Tout était une source immense d’insécurité et d’anxiété. Mais si y’a une chose qui ne me faisait pas peur pantoute pas une tite miette de crotte de rien du tout, c’était de foncer tête première dans mon art.

Je n’ai jamais eu de plan B dans vie. De vivre de mon art ça a toujours été mon plan A. Pis je rentrais dans toutes les portes qui s’ouvraient devant moi, les yeux fermés pis en mode YOLO un peu. Des fois ça a bien marché, des fois non, mais ça fait partie de l’aventure.

Mon premier Marché de Noël

Le 4 et 5 décembre 2013, je faisais mon premier Marché de Noël. J’suis là pis j’m’excite le poil des jambes pour un Marché de Noël de Cégep, organisé par les étudiants d’ATM dans la Salle polyvalente, avec des tables pliantes pis des nappes en plastique. Mais sérieux, peu importe la grosseur, le premier Marché de Noël, ça reste toujours vraiment spécial.

Je me souviens que je n’avais pas grand-chose sur ma table. Tout mon matériel que j’avais apporté rentrait dans une boîte à chaussures. Je n’avais pas de présentoir, pas de cartes d’affaires, pas de petite caisse, pas de nappe… J’avais juste les choses que je vendais, étalées sur la table. Et je n’en avais pas beaucoup.

fleur serpent
« Carnivorous », illustration numérique, Shana Patry, 2013

Avant d’entrer au Cégep, je faisais pratiquement que des illustrations numériques sur Photoshop. J’en avais fait imprimer quelques-unes, chez le premier imprimeur que Google m’avait suggéré. Je m’étais retrouvée avec des impressions sur papier glacé avec de l’encre mate et un beau tour blanc mal centré. Je les avais signés à la main (quand même! Bravo Shana) et j’avais collé une belle grosse gommette verte de vente de garage direct dessus avant d’inscrire le prix dedans (méchante Shana). Tout mon stock de prints rentrait dans un duo-tang. Maintenant, ça me fait sourire de penser que j’ai besoin de deux cahiers-anneaux de 3 pouces.

C’est dans cette époque que j’ai commencée à avoir un certain intérêt pour l’aquarelle. Je voulais vraiment en faire, mais je n’avais pas beaucoup de matériel. J’pense que vous n’êtes pas prêts à s’que j’vais vous dire. J’avais fait une grosse batch de signets avec des crayons aquarellables, de l’encre noire… du colorant alimentaire… pis du café. Go go go on plastifie ça, on colle une gommette de vente de garage dessus pis on vend ça deux piasses. J’étais assez débrouillarde!

signets
Les signets en question!

À 17 ans, mon trip c’était les Pokémon. J’avais fait trois petites œuvres avec mes crayons aquarellables que j’avais disposés fièrement sur ma table dans des cadres du Dollorama. Deux d’entre elles ne sont toujours pas vendues à l’heure actuelle. Mon trip de Pokémon a passé entre temps.

J’avais aussi une assez grosse illustration originale… assez… expérimentale. Okay. Crayons aquarellables, colorant alimentaire et cire fondue (!!!). J’avais utilisé le colorant alimentaire comme encre, et la cire comme gomme réserve, pour protéger les endroits que je voulais garder blancs. Créative la fille tu dis! Ben cul de chameau, je l’ai vendue pendant mon premier Marché de Noël. Je n’y croyais pas.

lapin aquarelle
« Jackalope », médiums mixtes, Shana Patry, 2013

C’est ben plate, mais je n’ai même pas de photos de ma table de mon premier Marché de Noël (celle en couverture, c’est mon 2e Marché). Ça a été une super expérience, ça m’a montré que c’est possible de vendre ce qu’on crée. Il faut être débrouillard au début, rester ouvert aux apprentissages et voir tout comme une opportunité de s’améliorer. J’ai fait plein de faux pas, plein d’erreurs, j’ai oublié plein de choses et j’ai quand même réussi à vendre quelques petites choses.

Même à ça, l’important ce n’est pas le chiffre avant le signe de piasses, c’est de vivre quelque chose. Sortir de chez moi, rencontrer des gens, voir le type de personnes qui accrochent sur mon art, ceux qui plissent le nez, ceux qui passent tout droit, ceux qui viennent avec des étoiles dans les yeux. Après ça on fait un gros « troubleshooting » d’introspection, on regarde ce qui marche et ce qui ne marche pas pis on continue de marcher par en avant. Chaque Marché de Noël ou Festival d’Artisans que j’ai fait depuis ce temps-là a été meilleur que le précédent. Et je ne parle pas d’argent. Je parle de présentation de ma table, de qualité de mes produits, de techniques de vente, de service client, de professionnalisme… à la longue, on apprend! Il n’y a personne de parfait au début.

J’ai fais des dizaines d’autres marchés depuis ce temps, et je peux dire qu’il a vraiment une place spéciale dans mon cœur!

 

 

J’y retourne cette année, pour une 5e fois!

thumbnail_Marché de Noël du Cégep de Jonquière 2017.jpg

Quelques trucs

Bon on est fin novembre donc la saison des Marchés de Noël est pas mal entamée, j’imagine que certains d’entre vous ont déjà fait leur premier marché récemment. Mais il ne faut pas généraliser donc on y va!

  • Prioriser une table gratuite ou très peu chère pour votre premier marché. Faire un marché comporte déjà son lot de stress, en éliminant le stress de payer la table, vous pouvez concentrer davantage votre énergie sur votre apprentissage. Regardez dans votre ville; les centres communautaires, les écoles et les églises en organisent parfois.
  • Préparer son inventaire et son matériel la veille ou même deux jours avant. Ne sous-estimez jamais le besoin urgent d’aller faire un tour à la quincaillerie ou chez Bureau en Gros. Donnez-vous le temps d’aller faire des emplettes si vous avez besoin de quelque chose à la dernière minute.
  • Amenez le plus grand inventaire que vous pouvez. Rien n’est plus embêtant que d’avoir une rupture de stock en plein marché. Confectionnez, fabriquez, emportez le plus de choses possible. Dans le pire des cas, vous aurez moins de nouvelles choses à créer pour votre prochain marché!
  • Faites-vous un lunch froid. La plupart des marchés ont une cantine ou un traiteur pour les visiteurs, mais si vous êtes très occupé vous n’aurez pas le temps d’aller vous chercher à manger. Choisissez un lunch simple qui se mange bien avec les doigts, car s’il y a beaucoup de monde vous devrez souvent déposer votre nourriture pour répondre à vos clients. Trainez-vous du désinfectant à main, l’argent c’est sale. Mes favoris : sandwich, raisins, cubes de fromages, barres tendres protéinées.
  • Allez-y avec un ami. Que ce soit pour le support moral dans les temps morts ou pour surveiller lors des pauses pipi, un ami est toujours très apprécié lors des marchés! Si vous n’avez personne, demandez à vos voisins de tables. Vous vous ferez peut-être un nouvel ami!
  • Soyez préparés. La Germainatrice a gentiment créé deux outils pour ceux qui font des marchés, jetez-y un coup d’œil, et imprimez-les si vous voulez! C’est gratuit, pour usage personnel seulement.

 

 

Comment s’est passé votre premier marché?

Avez-vous des conseils à donner à ceux qui commencent?

Pour ceux qui n’en ont pas encore fait, qu’elle est votre plus grande crainte?

-SP

11 réflexions au sujet de “5 ans plus tard : Retour sur mon premier Marché de Noël”

  1. Belle initiative. Je vois une belle force chez toi en couplant de la sorte l’utile, l’agréable et l’esthétique. Pour être honnête je n’ai pas lu tout ton billet, je vais tâcher de la faire avant Mercredi… bien que ce ne soit pas une promesse. Moi-même je tiens mon blog depuis cinq ans et d’en faire un endroit ou je publiais fréquemment le fruit de mon labeur, c’est devenu un un blog où je développe ma pensée et fait un compte rendu bi-mensuel de ma pratique. Tu as tout mon soutien. @u plaisir.

    J'aime

      1. Mon premier salon était Otakuthon en 2013! Et quand je revois les photos de ma table, c’était tellement n’importe quoi! Déjà, j’avais décidé de me costumer pour être concept. Quelle erreur! Costume encombrant et gestion de table ne faisaient vraiment pas un bon mix! En plus, mon stock se résumait à une pile de toutous garrochés un peu n’importe comment sur ma table, une affiche vraiment pas pro avec mon nom de compagnie écrite toute croche, et mon premier modèle de cartes d’affaires était pas top non plus! J’avais partagé ma table avec une amie illustratrice pour splitter les coûts, disons qu’on manquait cruellement de place! Et qu’on s’est vite ajustées les années suivantes! Depuis cette année je prends des tables complètes, et je me rends compte que je vends pas mal plus comme ca! A chaque expo, je fais le tour des tables, et j’observe comment les gens présentent leurs affaires, et je note ce que j’aime et ce que j’aime moins pour améliorer mon setup et éviter certaines erreurs! Aussi, je change mes affaires de place de temps en temps au cours de la fin de semaine, desfois, c’est suffisant pour que des gens remarquent des trucs différents!
        C’est vraiment chouette que tu te partes un blog, je vais suivre ca avec intérêt!

        J'aime

      2. C’est une bonne idée de faire le tour des table pour voir comment les autres s’y prennent! 🙂 Des fois les autres ont des trucs auquel ont aurait pas pensé! Changer ses choses de place aussi c’est une bonne idée, je le fais aussi à l’occasion et ça aide!

        J'aime

  2. Je me souviens tellement de mon premier marché de Noël à la Biosphère en 2005 pour la première édition du Salon des artisans récupérateurs, j’ai tout vendu!!!! C’est la seule fois de ma vie que c’est arrivée, j’avais pas un si gros inventaire cette fois et l’achalandage était fou, l’effet de nouveau avec la récup’ aussi y était pour quelque chose. Ce n’est pas ce que j’ai retenu et ce qui m’avait marqué d’avoir tout écoulé mais plutôt le contact avec les gens, leur appréciation et tous les commentaires, c’était génial!

    J'aime

    1. TOUT VENDUE!!! Wow, c’est mon rêve! Hahaha! Tu devais avoir un petit stress de tout vendre encore le marché d’après, hihihi! C’est clair que le contact avec les gens, c’est inégalable comme récompense! 🙂 Ça met du gaz dans le réservoir à courage!

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s